Elle m'avait dit, tu sais, les jours se font pluvieux. La vie n'est plus ce qu'elle était, ne le sera plus. Tu sais, ma vie était jadis belle. J'aimais vivre, j'aimais rire. Mais depuis ce jour, on m'a volé tous mes sourires et le goût de vivre. Désormais je ne souris plus, juste envie d'éteindre la flamme. Elle m'avait dit, tu sais, ce monde n'est pas celui que j'imaginais. On m'a brisé ma vie, d'une main recouverte sur ma bouche. Je ne pouvais pas crier, ne pouvais plus me débattre. Ils étaient 3 sur moi. Les étés ne seront plus jamais chauds, les automnes plus jamais colorés et les hivers seront toujours aussi froids. Elle m'avait dit, tu sais, ma vie ne tient désormais plus qu'à un fil. Je n'ai pas pu me remettre des coups et de l'humiliation de cette ruelle. Cette ruelle qui a brisé ma vie, l'a brisé en deux. Les morceaux sont impossibles à recoller, deux antités opposés qui ne se complèteront désormais plus. Elle m'avait dit, tu sais, l'amour j'y avais cru. Mais les hommes ne soufflent plus cette confiance aveugle que j'avais. Le soir où on me violait, j'ai baissé les bras et laissé tomber mes ailes. Je savais désormais, que lorsqu'on me toucherait, peu importe l'amour qu'on me porterait, les mains salies de ces hommes et mon corps volé sans vergogne se dessineraient au-dessus de nos têtes. Elle m'avait dit, tu sais, avant cette nuit fatidique, je n'avais jamais pensé au suicide. Le vide n'était qu'une étrange peur que j'entretenais. Mais quand tu sais que les pièces du casse-tête, sont à jamais perdu, il ne sert plus à rien de le finir. On sait déjà, que les morceaux que nous avons perdus, ne seront jamais assemblé au reste. Elle m'avait dit, tu sais, je voulais t'écrire une dernière fois, te remercier mille fois. Mais maintenant j'ai mal, j'ai froid. Le vide ne me fait plus peur, il me procure une certaine sérénité que je n'avais jamais pensé pouvoir retrouver, après ma vie volée dans cette ruelle. Elle m'avait dit, tu sais, les gestes disparaissent, ne sont plus visibles, mais je les ressent, à mon intérieur. Ils me souillent toujours à chaque jours, me prive de sommeil et d'énergie. Tu sais, la vie ne m'a jamais aimé, autant que je l'ai aimé. La vie ne me méritais pas et moi, je ne méritais pas ça.